Comment mieux comprendre les troubles du comportement alimentaire ?

Comment mieux comprendre les troubles du comportement alimentaire ?

Troubles du comportement alimentaire

En 2023, près d’1 million de français étaient concernés par les troubles du comportement alimentaire (TCA). D’après la Fédération Française Anorexie Boulimie, ce chiffre ne cesse d’augmenter puisqu’en 2021, 600 000 personnes étaient concernées en France. Il est essentiel d’informer et de sensibiliser les personnes sur ce trouble qui touche de plus en plus de personnes, de plus en plus jeunes.

Quels sont les différents troubles du comportement alimentaire ?

Le terme « trouble du comportement alimentaire » (TCA) se définit comme étant une condition psychologique caractérisée par des habitudes alimentaires dysfonctionnelles qui ont des conséquences dommageables sur la santé, les émotions et le fonctionnement global d’une personne. Les TCA affectent souvent la façon dont une personne perçoit son propre corps, ce qui peut entraîner des préoccupations excessives concernant son poids, sa forme corporelle et son apparence. Les TCA ne doivent pas être confondus avec du grignotage, une perte d’appétit ou des restrictions alimentaires liées à un régime par exemple, car il s’agit d’un trouble. Il existe plusieurs troubles du comportement alimentaire :

L’anorexie mentale

L’anorexie mentale est une restriction alimentaire entrainant une perte de poids importante. Les personnes souffrant d’anorexie mentale ont une immense peur d’être en surpoids ou de prendre du poids. Ces personnes peuvent souffrir d’une déformation de la perception de leur corps (dysmorphophobie) qui leur donne l’impression d’être « grosses » alors qu’elles ne le sont pas. Il arrive aussi que certaines personnes ne puissent plus s’alimenter pour des raisons autres que le poids. Un stress sévère ou une situation émotionnelle intense peuvent couper l’appétit et donner la sensation que rien n’a de goût.

Les personnes souffrant d’anorexie mentale ont également des conduites visant à éviter une éventuelle prise de poids comme une limitation de leur apport alimentaire. Elles peuvent se priver de nourriture au point de nuire à leur santé sans pour autant prendre conscience qu’elles se mettent en danger.

Les personnes concernées par l’anorexie sont principalement les femmes et surtout les jeunes adolescentes bien que cette maladie puisse également toucher les jeunes hommes. Les adultes ne sont pas épargnés par l’anorexie mais la proportion est moindre.

LE SAVIEZ-VOUS 

L’anorexie mentale est un trouble qui touche entre 0,9 et 1,5 % des femmes et 0,2 à 0,3 % des hommes, selon Ameli. Ce trouble touche en majorité les filles (au moins 80 % des cas). Le trouble apparaît principalement entre 13–14 ans et 16–17 ans bien qu’elle puisse apparaître dans l’enfance ou à l’âge adulte. 

La boulimie

La boulimie se caractérise par des épisodes de consommation alimentaire excessive suivis de comportements compensatoires destinés à éviter la prise de poids, tels que le vomissement, la prise de laxatifs ou de diurétiques ou l’exercice physique intense. Ces phases d’accès hyperphagiques et de purgatifs rendent les personnes physiquement malades mais aussi angoissées à l’idée de prendre du poids. La boulimie est caractérisée par des moments de crise, sans aucune sensation de faim ni aucun sentiment de plaisir. La quantité de nourriture consommée étant importante, il arrive qu’elle ne soit pas mâchée ce qui a aussi des conséquences sur l’organisme.

La boulimie est un trouble du comportement alimentaire ayant un point commun avec l’anorexie : les personnes concernées ont une préoccupation malsaine de leur poids ainsi que des formes que peut prendre leur corps. Tout comme l’anorexie, les personnes concernées par ce trouble sont majoritairement des femmes.

L’hyperphagie boulimique

L’hyperphagie boulimique est caractérisée par des crises de boulimie incontrôlées et récurrentes sans comportements compensatoires. Les personnes souffrant de cette maladie mangent de grandes quantités de nourriture en l’absence de sensation de faim, jusqu’à ressentir une distension abdominale pénible et un écœurement. Même si elle est très inconfortable, les personnes en hyperphagie boulimique ne peuvent s’empêcher de manger jusqu’à en souffrir physiologiquement et psychiquement.

Les personnes souffrant de ce trouble mangent souvent seules par gêne et honte puis se sentent ensuite coupables et déprimées. L’estime de soi est souvent au plus bas dans les moments qui suivent les épisodes d’hyperphagie.

L’hyperphagie boulimique génère une grande souffrance psychique et occasionne généralement un surpoids. L’obésité est parfois une conséquence de l’hyperphagie. 

L’orthorexie

L’orthorexie est un trouble du comportement alimentaire caractérisé par une obsession de la nourriture saine. Les personnes souffrant d’orthorexie sont obsédées par la qualité de leur alimentation et ne consomment que des aliments qu’elles considèrent comme sains. Elles peuvent exclure de nombreux aliments de leur alimentation, notamment les aliments transformés, les produits issus des animaux, les aliments frits, les sucreries, etc. Les repas à l’extérieur, que ce soit chez des amis ou au restaurant, sont le plus souvent évités. A l’extérieur, la personne ne peut pas avoir de contrôle sur les aliments et leur provenance, ce qui génère énormément de stress voire de la panique.

L’orthorexie peut avoir des conséquences graves sur la santé physique et mentale des personnes qui en souffrent. Sur le plan physique, elle peut entraîner des troubles du transit intestinal, des troubles du sommeil, etc. Sur le plan mental, elle peut entraîner des troubles de l’humeur, des troubles de l’anxiété, des troubles de la personnalité, etc. Les personnes souffrant d’orthorexie sont dans la plupart des cas isolées de leur entourage car les repas avec leur proches ou en public sont trop durs à gérer. Pour ces personnes, la planification, l’achat et la préparation des aliments sont au centre de leurs activités quotidiennes.

Le syndrome de rumination (le mérycisme)

Le syndrome de rumination est un trouble du comportement alimentaire caractérisé par le fait de régurgiter des aliments non digérés. Les personnes atteintes de ce syndrome régurgitent les aliments qu’elles ont ingérés quelques minutes ou quelques heures après le repas, sans pour autant avoir de nausées. Elles les mâchent à nouveau puis les avalent ou les recrachent.

Ce trouble du comportement alimentaire peut créer des carences chez les personnes concernées car il remplace une alimentation adaptée et trompe la sensation de faim.

La potomanie

La potomanie est un trouble du comportement alimentaire caractérisé par un besoin incontrôlable de boire en grande quantité, de l’eau (polydipsie) ou de l’alcool (dipsomanie) notamment. Les personnes souffrant de potomanie peuvent boire jusqu’à 10 litres d’eau par jour.

Dans certains cas, les personnes souffrant de potomanie peuvent avoir pour objectif de se remplir l’estomac au maximum. Ce trouble peut être associé dans certains cas à de l’anorexie mentale.

« Le mot de la Psy » 

Ces termes techniques peuvent faire peur, cela est tout à fait normal. Il est important d’informer un grand nombre de personnes afin d’éveiller les consciences sur ces troubles et d’inciter à un accompagnement adapté. Les personnes qui en souffrent ne se rendent pas toujours compte de leur état. Dans certains cas, c’est vous, en tant que proches, qui pourrez remarquer certains signaux alarmants et les aider à aller mieux. Le plus important est de les soutenir avec douceur et de les écouter. Les TCA sont une souffrance constante et auxquels il est quasi impossible de ne pas penser. Les personnes aimeraient faire autrement mais elles n’y parviennent pas non par manque de volonté mais parce qu’elles sont en souffrance et soumises à des émotions contradictoires qu’elles n’identifient pas toujours.

Quelles sont les causes des TCA ?

Les causes des troubles du comportement alimentaire (TCA) sont complexes et variées. Les origines sont propres à chaque individu.

Facteurs psychologiques

Les facteurs psychologiques jouent un rôle important dans le développement des TCA. Les personnes souffrant de TCA présentent souvent des troubles de l’image corporelle, une faible estime d’elles-mêmes et des difficultés à collaborer avec leurs émotions. Ces troubles peuvent être liés à des expériences traumatisantes, à des conflits familiaux ou à des pressions sociales.

Facteurs sociaux

Les facteurs sociaux jouent également un rôle important dans le développement des TCA. La société occidentale valorise la minceur et un certain canon de beauté physique, ce qui peut contribuer à la formation de troubles de l’image corporelle. De plus, les médias sociaux peuvent diffuser des messages négatifs sur l’alimentation et le corps, ce qui peut augmenter le risque de développer des TCA chez certaines personnes. Je remarque d’ailleurs bien souvent que la vie sociale est extrêmement impactée par les TCA. Les personnes ont parfois un rapport tellement compliqué avec la nourriture qu’elles ne peuvent plus manger en présence d’autres personnes, aller au restaurant ou boire un verre chez des amis. Tout ce qui rappelle la nourriture et son ingurgitation est source de stress et d’angoisses et par conséquent devient dangereux. L’isolement est l’une des conséquences bien trop fréquentes des TCA.

Facteurs déclenchants

En plus des facteurs psychologiques et sociaux, certains événements ou situations peuvent déclencher le développement d’un TCA. Il peut s’agir d’un changement de vie, un traumatisme (violences sexuelles durant l’enfance ou à l’âge adulte, relations familiales difficiles, antécédents de mauvais traitements…), d’une dépression ou bien d’un stress profond et chronique. Lorsque l’on souffre d’un stress post-traumatique, l’une des conséquences est la mise en danger et les addictions. Ce que représente les TCA. Cesser de s’alimenter ou ne pas écouter son corps est une façon non consciente qu’a notre cerveau de réagir à un traumatisme. En somme, notre inconscient nous pousse vers les TCA afin de nous aider à ne pas voir un traumatisme.

Tous les TCA fonctionnent comme une addiction. Les personnes s’y adonnent pour fuir inconsciemment une réalité trop dure. Elles ne se rendent compte souvent que bien trop tard du trouble qui s’est installé malgré elles. Les TCA ont des conséquences souvent tragiques comme la chirurgie esthétique excessive et malsaine, des tentatives de suicides, un isolement et une incompréhension des proches, un dégoût de soi-même etc. La liste n’est pas exhaustive et je ne peux citer toutes les conséquences parce que chaque individu se comporte différemment, en fonction de son histoire.

Je l’ai dit plus haut mais je le rappelle, les personnes souffrant de TCA ne le font pas exprès. C’est une souffrance incontrôlable et en prendre conscience n’est que le premier pas vers une relation saine à son corps et son image de soi.

En tant que thérapeute humaniste, mon rôle est aussi d’accompagner les personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire en les aidant à prendre conscience de leur situation et à mettre des mots sur ce qu’elles ressentent. La thérapie humaniste est un moyen d’extérioriser et de comprendre les causes de ces TCA, qui sont propres à chaque personne. Si vous souffrez de troubles du comportement alimentaire et que vous souhaitez en parler, vous pouvez me contacter, je vous accompagnerai avec douceur et bienveillance.